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29.12.2007

Excursion au départ de Fontaine-Valmont (2)

 

     Bientôt, l'écluse et le barrage furent en vue.

 

Ecluse n° 3 de Fontaine-Valmont, la maison du barragiste - 27.12.2007 13h25.

 

     La maison du barragiste a été quelque peu rénovée. Soixante années se sont écoulées depuis le temps où j'y habitais avec mes parents. C'est la seule maison construite sur l'île formée entre le bras de rivière équipé du barrage, vers la pointe amont, et le bras navigable avec son écluse, vers la pointe aval. 

     Vivre sur une île, un rêve pour un gamin. D'une pointe à l'autre, elle fait environ 250 m pour une petite cinquantaine de mètres en sa plus grande largeur. Sauf la maison, son jardin potager, vers l'aval, et sa basse-cour, vers l'amont, elle était recouverte de pré sauvage que des moutons  broutaient, au piquet. De grands peupliers bordent encore la pointe amont, comme je les ai connus, avec leur frondaison frissonnante. Les poules picoraient librement sur la pointe aval pendant le jour, sauf en période de lessive car ma mère y étendait ses draps pour les faire blanchir, suivant son expression.

     Par chance, j'ai conservé des photos de l'époque.

Maison barragiste en arrière-plan 13.04.1947

     Je suis entre mon père et ma mère, en compagnie d'une tante et d'un cousin qui habitaient Dave, sur la Meuse et qui aimaient nous rendre visite dans ce trou-perdu bucolique.

     Les grandes roues dentées (roues à rochet) que mon père devait actionner au moyen d'une manivelle pour retirer ou ajouter des poutrelles au barrage n'existent plus. La manoeuvre est maintenant électrique.

Devant la maison du barragiste

     Poules familières, élevées au naturel, et dont mes parents vendaient les oeufs.

     En arrière plan, de gauche à droite, un café où, quand il faisait bon, les hommes jouaient parfois au "bouloir", un jeu à cinq quilles et à boules à poignées en creux, faites de bois renforcé de feuilles de métal clouées. Le jeu était aménagé le long du pignon visible sur la photo. Puis la maison de l'éclusier et une auberge dont le bâtiment a été récemment détruit par le feu.

Devant maison barragiste 13.04.1947
     Ici, c'est ma mère qui pose avec moi. Je me rappelle une anecdote. Nous avions deux races de poules : les Leghorn blanches et les Rhodeisland. Elles avaient chacune leur coq. Un jour, les deux coqs se sont battus, le Rhodeisland eut le dessus et il fallut achever l'autre qui était très mal en point. Ma mère fit une colère envers le vainqueur et le pousuivit avec un bâton. Il lui en garda une telle rancune qu'elle n'osa plus jamais entrer dans le poulailler sans être armée d'un gros bâton. Il l'attaquait sournoisement quand elle lui tournait le dos.




      Je faisais chaque jour deux fois l'aller et le retour entre notre maison sur l'île et l'école du village, soit en tout 6 km.

     J'empruntais le sentier qui, partant de l'écluse et longeant la maison, franchissait le barrage (dont le tablier était constitué, à l'époque, de tôles épaisses). Je me souviens encore de l'odeur des embruns que je respirais en traversant le barrage. Au-delà, le sentier contournait le chantier de réparation et d'entretien des péniches. Il n'existe plus maintenant mais on distingue encore l'étang carré où se trouvait la cale sèche ainsi que le chenal pour l'accès des péniches. J'ai encore dans les narines l'odeur du goudron dont on enduisait la coque des bateaux, tous en bois à ce moment-là.

     Le sentier se transformait en chemin plus large en arrivant aux premières maisons à la fin de la traversée du lieu-dit "Trou des Renards". Habitant l'une de ces maisons, une petite fille faisait parfois la route avec moi jusqu'à l'école. Le chemin nous emmenait entre rochers et rivière jusqu'au pied du village qui surplombe la Sambre. Nous rejoignions l'école par un escalier assez long et raide, puis par une rue pavée.

     Au retour, je m'amusais parfois en cours de route, je ne portais évidemment pas de montre, et le temps passait plus vite que je ne le pensais (ça n'a pas changé, d'ailleurs). Mes parents s'inquiétaient à chacun de mes retards et mon père enfourchait alors son vélo pour venir à ma rencontre. De retour à la maison, c'était ma fête. J'ai connu plusieurs fois la morsure des lanières de cuir du martinet (en usage à l'époque) mais ma mère a très vite abandonné cet outil de correction car, m'a-t-elle confié plus tard, elle avait le coeur gros en voyant les traces laissées sur mes mollets.

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19:22 Écrit par Guibert dans Excursions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fontaine-valmont | |  Facebook

Commentaires

excellent reportage , merci a toi Je viens te souhaiter une année 2008 de bonheur et de santé ainsi qu'a ta famille . Passe un reveillon plein de joie et de bulles . gros bisous . Yepa

Écrit par : yepa | 30.12.2007

Super! C'est qu'il réussirait à m'émouvoir ce grand Guibert!
Belle et tendre évoquation de ton enfance que tu m'as déjà confié avoir été heureuse sur ton ile. Ca se sent!
Amitiés et, surtout, bonne et heureuse année à vous deux.

Écrit par : Renaud | 30.12.2007

je te souhaite une trés heureuse année 2008 ainsi qu'a ta famille et trés bon réveillon
alain

Écrit par : alain | 31.12.2007

Magnifique récit Je viens te souhaiter, à toi et à tes proches, une très bonne fin d'année et une excellente année 2008.
A bientôt
Michel

Écrit par : Les sources du Nil | 31.12.2007

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