15/11/2010

Mémoire foetale

Mémoire fœtale

 

 

Promis tel que je suis, au hasard des unions

Depuis l’aube des temps et des générations,

Tout au chaud de ma mère aux entrailles fécondes

Je me suis incrusté faisant ses formes rondes.

 

Bercé d’une musique étrange et féminine,

Nourri d’apesanteur et de clarté sanguine,

Je mûris comme un fruit pour tomber de ma cime

Et l’instinct me guida vers la porte sublime.


Quand la proue de lumière me déchira la coque,
Je sombrai dans le temps, jaillis dans mon époque,
Hors du fluide ancestral d’océan maternel,
Comme un désir de vie prenant l’habit charnel.

Quelquefois, dans la nuit, mon esprit qui sommeille,
Capture un vent léger comme une aile d'abeille,
Qui fait vibrer en moi, l’étrange rémanence,
D’un songe naufragé au seuil de ma naissance.                     

 

Guibert BODART, mars 2002-juin 2007.

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11/11/2010

Monde inachevé.

Monde inachevé

 

Ce sera dans longtemps, au-delà des augures,
Ce sera dans mille ans lorsque nos molécules,
Recyclées sur trois règnes au gré de la nature
Oublieront qu'elles avaient habité nos cellules…

Ce sera hors du temps, plus loin que nos visières,
Dans dix mille ans peut-être alors que nos atomes,
Brassés à l'infini au sein de la matière,
Oublieront qu'ils avaient déserté nos fantômes…

Ce sera bien plus loin qu'un détour galactique,
Dans un million d'années, alors que nos ions,
Orphelins de leur poids dans les flux magnétiques,
Nieront avoir hanté les corps que nous étions…

Ce sera par-dessus le peuple des humains
Un sursaut créateur, prolongeant la genèse,
Le cri d'enfantement d'un être surhumain…
Ce sera la naissance de la prochaine espèce.                       

Guibert Bodart, août 1998.

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08/11/2010

La mort d'un quidam.

 

La mort d’un quidam.

 

Ce ne fut qu'un soupir, une envolée de bulles
Quand l'ombre et la lumière s'accouplaient à minuit,
Un petit cri muet que pas un n'entendit.

Ce ne fut qu'un frisson, un froissement de tulle
Là où soir et matin dorment au même nid,
Une vague sans eau sur une mer tarie.

Ce ne fut qu'un instant, un point, une virgule
Quand le temps se suspend entre deux infinis,
Un arrêt sur image à l'écran d'une vie.

Ce ne fut qu'une porte au bout d'un vestibule
Qui s'ouvrit sans grincer pour un départ sans bruit …
Et qui se referma comme un œil sur la nuit.         

 

Guibert Bodart mars 2002.                           

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